•                     René Bazin

    Je ne résiste pas à la tentation de vous proposer ce texte lumineux d'un écrivain aujourd'hui quelque peu oublié, René Bazin (1853-1932). S'il est principalement connu de nos jours pour sa célèbre biographie de Charles de Foucauld, il n'en reste pas moins avant tout le chantre de la vie paysanne avec Le Blé qui lève, Les Oberlé ou encore La Terre qui meurt.
    La Douce France, qui reprend une expression bien fameuse, est un beau livre illustré destiné avant tout à éduquer les enfants au goût de la France. Ecrit à la veille de la première guerre mondiale, il comporte un chapitre magnifique sur l'Alsace-Lorraine encore aux mains des Allemands. Voici les premières pages de l'ouvrage.

    Enfants, comprenez bien pourquoi la France est appelée douce. On l’a nommée ainsi à cause de sa courtoisie, de sa finesse, de son cœur joyeux et tout noble. Mais la douceur n’est pas faible, elle n’est pas timide. La douceur est forte. La douceur est armée pour la justice et pour la paix. Elle ne fait pas d’inutiles moulinets avec son épée, mais elle en a une le long de son flanc, et elle en tient la garde dans sa paume solide et calme. Sans elle il n’y a que violence. On la reconnaît tout de suite dans les victoires qu’elle remporte. Elle a pitié de ceux qu’elle a vaincus. Elle se les concilie, elle sait que le monde ne peut être sage sans une puissance qui règle et punit, mais elle sait aussi qu’il ne peut être heureux si les âmes ne sont pas conquises, charmées, libres dans leur amour, reconnues pour des hautes puissances, traitées en immortelles. La France justicière, la France guerrière, la France conquérante est encore la douce France.

    (…)

    Un de mes lecteurs m’a dit : « C’est le catéchisme de la France que vous faites ! » Ah ! Que je voudrais l’avoir fait ! que je voudrais avoir glorifié toute l’âme de la France ! J’ai seulement essayé de vous dire : «  Aimez-la bien, servez-la bien. » mais souvenez-vous que je n’ai pu tout dire, et que nous aurons toujours plus de raisons qu’un livre n’en peut tenir, d’aimer une patrie comme la nôtre.

     

    René Bazin,  La Douce France, Avant-propos (1913)

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  • Sainte Jeanne, donnez-nous une aventure

    Puisque vous êtes sainte, vous avez déjà fait des miracles, vous savez vous y prendre, alors je vais vous demander d’en faire un pour nous.

    Non. Parce que vous êtes une grande sainte, je vais vous demander d’en faire dix. Et de très grands, de très miraculeux.

    Premièrement, sainte Jeanne, je vais vous demander de faire que tous les Français redeviennent amoureux de la France.
    Pas de l’Amérique insidieuse, pas de l’Orient fascinant, pas de l’Islam séducteur. De la France, de la doulce France.


    Deuxièmement, Sainte Jeanne, je vous demanderai de faire que tous les Français inspirent de nouveau à toutes les Françaises l’envie de porter leurs enfants, de les porter jusqu’à leur naissance, d’en accoucher, de les nourrir, de les élever, d’en faire des français, beaucoup, beaucoup de français, ce qui nous épargnera, entre autres, la nécessité d’encourager une immigration que nous savons si mal intégrer.

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  • Musique

    Le 13 décembre 1908, après la lecture des décrets de béatification de Jeanne d'Arc, Saint Pie X (pape de 1903 à 1914), prononce un discours qui restera dans l'histoire, rappellant la "mission" spéciale de la France dans le monde du Nouveau Testament. L'idéal est bien sûr de relire le texte complet disponible ici.


    Rappelons que le procès de béatification ne s'ouvre qu'en 1869. Jeanne est canonisée en 1920, et déclarée Patronne secondaire de la France (après la Sainte Vierge) en 1922.

    "Cette France fut nommée par mon vénéré prédécesseur, comme vous l’avez rappelé, Vénérable Frère, la très noble nation, missionnaire, généreuse, chevaleresque. A sa gloire, j’ajouterai ce qu’écrivait au roi saint Louis le pape Grégoire IX :

    « Dieu, auquel obéissent les légions célestes, ayant établi, ici-bas, des royaumes différents suivant la diversité des langues et des climats, a conféré à un grand nombre de gouvernements des missions spéciales pour l’accomplissement de ses desseins. Et comme autrefois il préféra la tribu de Juda à celles des autres fils de Jacob, et comme il la gratifia de bénédictions spéciales, ainsi choisit la France de préférence à toutes les autres nations de la terre pour la protection de la foi catholique et pour la défense de la liberté religieuse. Pour ce motif, continue le Pontife, la France est le royaume de Dieu même, les ennemis de la France sent les ennemis du Christ. Pour ce motif, Dieu aime la France parce qu’il aime l’Eglise qui traverse les siècles et recrute les légions pour l’éternité. Dieu aime la France, qu’aucun effort n’a jamais pu détacher entièrement de la cause de Dieu. Dieu aime la France, où en aucun temps la foi n’a perdu de sa vigueur, où les rois et les soldats n’ont jamais hésité à affronter les périls et à donner leur sang pour la conservation de la foi et de la liberté religieuse.»

    Ainsi s’exprime Grégoire IX.

    Aussi, à votre retour, Vénérable Frère, vous direz à vos compatriotes que s’ils aiment la France ils doivent aimer Dieu, aimer la foi, aimer l’Église, qui est pour eux tous une mère très tendre comme elle l’a été de vos pères.

    Vous direz qu’ils fassent trésor des testaments de saint Remi, de Charlemagne et de saint Louis – ces testaments qui se résument dans les mots si souvent répétés par l’héroïne d’Orléans : «Vive le Christ qui est Roi des Francs !»

    A ce titre seulement, la France est grande parmi les nations ; à cette clause, Dieu la protégera et la fera libre et glorieuse ; à cette condition, on pourra lui appliquer ce qui, dans les Livres Saints, est dit d’Israël : « Que personne ne s’est rencontré qui insultât à ce peuple, sinon quand il s’est éloigné de Dieu : Et non fuit qui insultaret populo isti, nisi quando recessit a culto Domini Dei sui.»

    Ce n’est donc pas un rêve que vous avez énoncé, Vénérable Frère, mais une réalité ; je n’ai pas seulement l’espérance, j’ai la certitude du plein triomphe.

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  • J'aime le son du cor le soir au fond des bois
    Soit qu'il chante les pleurs de la biche aux abois,
    Ou l'adieu du chasseur que l'écho faible acceuille,
    Et que le vent du nord porte de feuille en feuille.

    Que de fois, seul, dans l'ombre à minuit demeuré,
    J'ai souri de l'entendre, et plus souvent pleuré!
    Car je croyais ouïr des ces bruits prophétiques
    Qui précédaient la mort des Paladins antiques.

    Ô montagne d'azur! ô pays adoré!
    Rocs de la Frazona, cirque de Marboré,
    Cascades qui tombez des neiges entraînées,
    Sources, gaves, torrents des Pyrénées;

    Monts gelés et fleuris, trônes des deux saisons,
    Dont le front est de glace et le pied de gazons!
    C'est là qu'il faut s'asseoir, c'est là qu'il faut entendre
    Les airs lointains d'un cor mélancolique et tendre.

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  • Joyeux Noël!


    Les sapins en bonnets pointus

    De longues robes revêtus

    Comme des astrologues

    Saluent leurs frères abattus

    Les bateaux qui sur le Rhin voguent

     

    Dans les sept arts endoctrinés

    Par les vieux sapins leurs aînés

    Qui sont de grands poètes

    Ils se savent prédestinés

    A briller plus que des planètes

     

    A briller doucement changés

    En étoiles et enneigés

    Aux Noëls bienheureuses

    Fêtes des sapins ensongés

    Aux longues branches langoureuses

     

    Les sapins beaux musiciens

    Chantent des noëls anciens

    Au vent des soirs d'automne

    Ou bien graves magiciens ,

    Incantent le ciel quand il tonne

     

    Des rangées de blancs chérubins

    Remplacent l'hiver les sapins

    Et balancent leurs ailes

    L'été ce sont de grands rabbins

    Ou bien de vieilles demoiselles

    Guillaume Apollinaire


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